• 13.jpg
  • 6.jpg
  • 11.jpg
  • 9.jpg
  • 1.jpg
  • 2.jpg
  • 3.jpg
  • 7.JPG
  • 12.jpg
  • 4.jpg
  • 8.jpg
  • 10.jpg
  • 5.jpg

  

Les usines, moteurs du budget communal

Depuis plus d’un siècle maintenant, la prospérité du secteur dépend de la bonne santé des trois usines de Notre-Dame et Petit Coeur.

Avant sa suppression, elles assuraient 80% des recettes de l’ancienne taxe professionnelle de la commune.

Un poids et des recettes extraordinaires.

Depuis l’usine des “Carbures métalliques”, ouverte en en 1898 à Notre-Dame de Briançon, les villages du bas, mais aussi ceux des pentes, ont vécu au rythme des fours et des postes. Si au début du XXème siècle la présence d’une voie ferrée et de ressources hydroélectriques abondantes garantissent presque le succès, les usines des fonds de vallée ont fini par entrer dans un univers mondialisé, où le transport de l’énergie coûte finalement bien moins cher que le transport des matières premières et des marchandises jusqu’au cœur des Alpes.

À la fin des années 60, l’ambiance est même de plus en plus morose. Les grands groupes repensent leur politique d’implantation, et la France développe les usines en bord de mer. Ugine construit Fos, la SERS investit à Port de Bouc, et l’on sent que la Savoie a du plomb dans l’aile.

En 1972, au moment de la fusion originelle de La Léchère, les usines de La Léchère dépendent de trois groupes :

    • La SA Ugine Kuhlmann, qui possède la Société des Electrodes et Réfractaires de Savoie (SERS)

    • Ugine Kulhmann encore, pour la Compagnie Industrielle Savoie Acheson (CISA) dont l’usine en rive gauche ne tarde pas à être vendue à une compagnie américaine, Union Carbide.

    • La Société Industrielle des Produits Chimiques, pour l’usine Nobel Bozel de Château Feuillet à Petit Coeur. Les effectifs employés sont plus importants que jamais: 1476 salariés au 1er janvier 1971 (469 à la SERS, 596 à UCF et 420 à Nobel Bozel).

En 1982, la crise économique bat son plein. La Savoie doute. Les aciéries de Moûtiers viennent de fermer, et une quarantaine de salariés reconvertis à la SERS par Pechiney, bloquant d’autant les recrutements de jeunes de la vallée. Nobel Bozel a fermé son site du Villard du Planay, rapatriant les salariés sur Château Feuillet. En dix ans, les trois usines ont perdu 300 emplois (1172 salariés au 1er janvier 1982, soit 447 à la SERS, 520 à UCF et 205 à PEM). Une étude montre alors la quasi disparition des postes saisonniers étrangers à PEM -Nobel Bozel, alors qu’il y eut jusqu’à 120 saisonniers en 1974. De même, UCF n’a alors que 3% de salariés de moins de 25 ans, et seulement 7,5% de salariés embauchés depuis moins de 5 ans.

Nobel Bozel commence à s’intéresser à la double activité touristique, en imaginant que les salariés excédentaires l’hiver puissent trouver de l’embauche dans les nouvelles structures touristiques hivernales du bassin. En attendant, un très grand nombre d’habitants des six villages font la navette vers les usines de la commune. Au recensement de 1982, ils sont 335 travailler sur place (43 descendent de Pussy, 23 de Nâves, 46 de Doucy).

L’analyse des bases de la taxe professionnelle de La Léchère montre cependant la persistance de l’extrême dépendance de la commune vis à vis des usines, des grands groupes industriels.

Sur 64 215 560 F de bases en 1982, les trois usines de UCF, SERS et Nobel Bozel entrent pour 53 599 310 F, soit 83,47% de la taxe professionnelle sur la commune. L’EDF, quatrième contribuable lécherain n’apporte que 8,45% des bases (mais avec peu d’incertitudes sur l’avenir !). Le thermalisme, et les artisans, n’ont qu’un poids très modéré dans les ressources de la commune. Dix ans plus tard, la Savoie a changé. L’industrie électrométallurgique ne se porte pas toujours mieux (elle va même franchement plus mal, tous les sites étant menacés dans leur existence), mais le tourisme a pris un poids majeur, dont l’image la plus marquante est évidemment l’organisation des Jeux Olympiques.

Sur La Léchère, les bases de taxe professionnelle ont progressé de moitié en dix ans, pour atteindre 96 550 810. Sur ce total, les trois usines pèsent pour 75 355 900 F, soit 78,04%. Tout en restant omniprésent, le poids relatif des usines diminue très légèrement, grâce au développement de l’EDF, et surtout de tout un secteur directement lié au tourisme (BTP, thermes, restauration...), sans oublier la grande distribution alimentaire.

L’absence de maîtrise communale

40 ans après la fusion, la commune dispose toujours d’une économie confortable et enviée.En effet, en Novembre 2005 l'annonce d'un plan social conduisant à la suppression de près de 129 emplois est tombée comme un couperet. Après négociations serrées, GRAFTECH revoit son plan à la baisse. L'activité nipples pour la sidérurgie est supprimée mais les spécialités, un temps condamnées à disparaître, sont conservées. Le nombre d'emplois supprimés passe à 107, dont quatre transferts de postes. Beaucoup ont retrouvé un poste, dont plusieurs à Ugitech, dans le cadre d'une collaboration menée au niveau du bassin d'emplois. 53 personnes sont parties volontairement, dont 22 pour création ou reprise d'entreprises. Des projets accompagnés financièrement par GRAFTECH. 

Tout en se développant fortement, et en créant une richesse qui ailleurs paraîtrait déjà conséquente pour une commune de 2 000 habitants, le reste de l’économie a toujours du mal à faire le poids. Après plus de trente années d’action, de développement dans le tourisme, le thermal, les zones d’activité, la commune de La Léchère dépend toujours autant des trois usines du départ. Mais elle a créé de la richesse, et des emplois...

Un peu plus tard, en fin d'année 2006, CARBONE SAVOIE rejoint le groupe ALCAN (depuis 2006 RIO TINTO ALCAN) donnant ainsi naissance sur le secteur à 2 entités distinctes : 

    • CARBONE SAVOIE

    • GRAFTECH UCAR SNC

Quant au site P.E.M. de Château-Feuillet, il appartient depuis 2005 au groupe FERRO-ATLANTICA.